reseau awale awale-pour la promotion d'une économie solidaire.
Blé, maïs, riz, lait, pâtes... les denrées alimentaires de première nécessité connaissent une flambée des prix ces derniers mois. Spéculation, désorganisation des filières de production, les raisons sont nombreuses. Elles aboutissent à une situation alimentaire de plus en plus critique pour de nombreuses populations défavorisées. Des émeutes de la faim, parfois violentes et mortelles, ont éclaté à travers le monde entier.
Ventre affamé n'a point d'oreille disait Jean de la Fontaine en son temps. Le tableau brossé par les témoignages de terrain et les informations d’experts de l’ONU est déjà préoccupant. Manifestations violentes en Egypte contre le prix élevé du pain, insécurité alimentaire au Sri Lanka, émeutes en Mauritanie, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso ou au Sénégal. Affrontements violents à Haïti et même, selon la presse locale, meurtres d’enfants qu’on ne pouvait plus nourrir au Pakistan.

La cécité des responsables politiques est affligeante. Mais où étaient-ils lorsque le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, annonçait déjà il y a plus de six mois sur l'antenne de RFI le risque des émeutes de la faim ? Mais que faisaient-ils lorsqu'il lançait un avertissement au sujet de l'envolée des prix des céréales et de ses conséquences pour les pays les plus pauvres.

La souveraineté alimentaire comme droit des peuples, des Etats et des Nations à définir eux-mêmes leur politique agricole et alimentaire, sans dumping sur les produits alimentaires vis-à-vis des pays tiers, fut au cours de la dernière décennie le combat de Via Campesina. Mais quels acteurs dirigeants ont porté du crédit à ce principe qui aurait sans nul doute empêché cette catastrophe mondiale pour l'humanité ?
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Le Forum social mondial est un espace de débat démocratique d’idées, d’approfondissement de la réflexion, de formulation de propositions, d’échange d’expériences et d’articulation de mouvements sociaux, de réseaux, d’ONG et autres organisations de la société civile qui s’opposent au néo-libéralisme et à la domination du monde par le capital et par toute forme d’impérialisme. A la première rencontre mondiale de 2001 a succédé un processus mondial de recherche et de construction d’alternatives aux politiques néo-libérales. Cette définition est inscrite dans la Charte des Principes du FSM.
Le développement de l'économie solidaire au plan mondial est le but du réseau awale, au moins tel que nous l'envisageons depuis le continent Africain. La régulation du commerce international avec équité comme le préconisait Adam Smiths le père de l'économie moderne, étant l'un des leviers privilégiés de notre démarche, au même titre qu'une approche globale de la question sociale et culturelle. La lutte pour le droit à la souveraineté alimentaire étant à forciori notre objectif premier et cela à partir de notre champ de compétences. Par ailleurs, mais de façon première, l'engagement du réseau AWALE s'enracine dans le terreau fertile d'une contribution active à la promotion de la dimension Genre et Développement en tant que dimension essentielle du développement durable.
Notre site AWALE, issu d'un étroit partenariat entre des acteurs militants d'Afrique, d'Amérique latine, d'Inde et d'Europe, est une Plate-Forme coopérative qui propose de fédérer l'ensemble des acteurs qui contribue à la promotion et à la mise en oeuvre des projets, des actions et de la recherche pour le développement de l'économie solidaire sur les cinq continents.
En faisant référence aux chercheurs et aux auteurs majeurs en socio-économie nous pouvons définir l’économie solidaire comme l’ensemble des activités de production, d’échange, d’épargne et de consommation contribuant à la démocratisation de l’économie à partir d’engagements citoyens.
Nous pouvons considérer que c'est à partir des travaux fondateurs de Karl Polanyi que le principe d'une économie encastrée dans le modèle social a été mis en lumière (versus marché autorégulé). De même qu'avec K. Polanyi nous affirmons que si nous accéptons l'économie de marché entre autres modèles, nous refusons et luttons contre une société de marché qui est l'abnégation de l'homme et qui tend a subordonner l'ensemble de la société aux règles et aux lois du marché. L'actualité de la crise alimentaire mondiale étant la triste démonstration des effets devastateur d'une économie autorégulée.
Le réseau AWALE adhère au Pôle de Socio-économie Solidaire et décline à ce titre des objectifs communs, c'est à dire:
1. Établir un dialogue participatif et interculturel entre différents acteurs sociaux au sein d’un réseau ouvert de partenaires et d’alliés au niveau local, national, continental et mondial.
2. Élaborer et diffuser des propositions innovantes de transformation socio-économique pour toutes les phases du cycle économique.
3. Construire et favoriser une vision intégrée de la Socio-Economie Solidaire qui remette en cause le modèle excluant de pensée et de pratiques économiques qui prédomine de nos jours.
Vous vous interrogez peut-être sur le sens et la stratégie qui peuvent animer des acteurs à créer l'antépénultième réseau sur la thématique de l'économie solidaire et du commerce équitable ? Au même titre que certains s'interrogent sur la grammaire de la multitude et de la diversité.
Oui , il s'agit un peu de cela, si nous en croyons la thèse de Mark Granovetter lorsqu'il écrit dans "Le marché autrement", que les liens faibles, souvent dénoncés comme source d'aliénation pour les individus, apparaissent ici au contraire comme des instruments indispensables aux individus pour saisir certaines opportunités qui s'offrent à eux, ainsi que pour leur intégration dans la communauté. Et de conclure sur ce point que les paradoxes sont toujours un bon antidote pour les théories trop limpides. C'est ainsi que nous envisageons le réseau AWALE, un espace public ouvert pour tisser des liens intercontinentaux entre les peuples avec des objectifs concrets.
Du moins c'est ce que je pense en faisant cette foutue route entre Bamako et Abidjan ce 12 décembre 2007 où l'opposition entre les rebelles et les loyalistes continuent de nous racketter nos faibles ressources pécuniaires issues d'une survie pas très équitable. Cependant, je crois qu'un autre monde est possible !