Le site Internet du réseau AWALE est un espace de communication publique pour la promotion d'une économie solidaire. Nous vous invitons à parcourir le site au gré de vos besoins et de vos envies.
Un autre monde est possible maintenat F.S.M. 2009 et Via campesina
La stratégie de l’Awalé repose sur le principe du don, de l’échange et de la redistribution. Son plateau, généralement en bois ou dessiné à même le sol, est constitué de deux rangées de 6 trous. Une rangée du camp Nord pour celle du haut et du camp Sud pour celle du bas. Chacun des trous est garni de quatre graines.
Le but du jeu est de récolter le plus grand nombre de graines. C’est tout un symbolisme de l'économie équitable, des moissons et de la culture du sol qui est mis en avant. Et comme un sol cultivé au rythme des saisons, l’Awalé repose sur une stratégie de redistribution continuelle de semailles où tout peut être remis en cause à chaque instant… et le plus riche est celui qui distribue le plus grand nombre de graines et non pas celui qui en possède le plus !
Pas tres orthodoxe comme modèle me direz-vous, c'est à voire ... mais d'ors et déja vous devez gardez à l'esprit le fait qu’il situe son action aux côtés de la logique économique libérale dominante, selon laquelle l’homme agirait rationnellement pour la satisfaction de ses propres intérêts personnels, en situation de rareté de moyens et de biens. Cette propension naturelle appartiendrait à tous les hommes qui, par la conjonction de leurs actions égoïstes, contribueraient à la croissance et à la richesse des nations comme l'enseignait Adam Smith.
Cependant, comme le note Elisabetta Buccolo, déjà en 1944, Karl Polanyi avait montré le rôle secondaire que le marché avait eu par rapport à la vie économique des civilisations, jusqu’à la révolution industrielle. Depuis l’économie, en tant que sphère autonome, a été identifiée au marché. La monnaie, la nature, l’homme ont été transformés en marchandises. A l’heure actuelle la mondialisation ne fait qu’accroître ces logiques qui engendrent des disparités majeures, en perpétuant ainsi ’identification entre économie et marché, comme mécanisme auto-régulé d’offre, de demande et de prix.
Alors plus qu'une alternative, l'économie solidaire et le commerce équitable sont inscrits dans l'histoire longue comme modèle socio-économique pertinent.
Le réseau AWALE, dans la veine du Forum social mondial, est un espace public pour le débat démocratique d’idées, d’approfondissement de la réflexion, de formulation de propositions, d’échange d’expériences et d’articulation de mouvements sociaux, de réseaux, d’ONG et autres organisations de la société civile qui s’opposent à la subordination de la vie en société par le marché selon le modèle néo-libéral dominant en proposant de promouvoire un modèle économique équitable et solidaire.
Femmes et jeunes filles victimes oubliées
Le choix d'un nom fait appel, dans toutes les traditions culturelles, à la représentation hautement symbolique que véhicule celui-ci.
Aussi nous vous proposons de déduire par le rapport ci-dessous rapporté pourquoi notre choix c'est porté sur Fany Awa. Vous saurez ainsi, pourquoi et comment, dès lors ce nom sera en plus des objectifs spécifiques de la Fondation l'ambassadeur de la cause des femmes, victimes oubliées de tous les conflits, auprès des nations.
La Fondation FANY AWA, qui est encore au stade de sa constitution c'est à dire non déclarée , est un projet porté par des acteurs de la société civile engagés dans la vie publique au service du bien commun des peuples et des nations. La Fondation a pour but de développer et de promouvoir une économie solidaire et un commerce équitable sur les cinq continents. Il s'agit d'un engagement citoyen au service de l'humanité pour faire du doux commerce, facteur de paix, comme le pronait Montesquieu.
Les Engagements de la Fondation
La Fondation participe à la diffusion des connaissances sur les effets destructeurs d'une mondialisation néo-libérale qui subordonne les sociétés et les peuples aux règles et aux lois d'un marché autorégulé et met en oeuvre tous les moyens à sa disposition pour convaincre le plus grand nombre de la nécessité de changer de modèle socio-économique afin de freiner l'impact de la marchandisation de la vie.
Il s'agit pour la Fondation de contribuer au changement social afin d'aller vers de nouvelles formes de sociétés et de cultures fondées sur un développement durable, la solidarité et l'équité entre les peuples et les nations.
Connaître et faire connaître que la mondialisation néo-libérale est un construit social, c’est-à-dire le fruit d’interactions entre les multinationales, la finance et les acteurs qui dirigent ce système. À ce titre il faut savoir et faire savoir que les interactions ont une certaine stabilité et en même temps se construisent et se reconstruisent sans cesse en fonction des situations. Le changement est en marche.
Connaître et faire connaître que le discours dominant qui valorise le changement par les contraintes et la domination peut être enrayé par les citoyens qui ne sont jamais passifs, ne sont pas seulement des objets de la domination, mais qu’ils demeurent actifs et que, sans leur implication et s’ils ne s’approprient pas les outils proposés, les changements ne peuvent tout simplement pas avoir lieu.
Connaître et faire connaître que chacun d’entre nous a un rôle majeur dans la construction de l’humanité, de la civilisation, des sociétés, que chacun est acteur, que chacun est responsable dans la construction d’un monde solidaire et équitable.
Connaître et faire connaître que la prise de conscience de l’état d’urgence d’un changement social et des actions à mettre en œuvre peut être appuyé par l’intervention des réseaux sociaux.
Connaître et faire connaître que le changement social est une opération qui n’a de consistance que dans la mesure où elle aboutit à modifier les règles du jeu entre acteurs, c’est-à-dire le système de relations de l’organisation mondiale. Il faut créer de la coopération au sein des réseaux qui aspirent au changement en faveur d’une mondialisation plus solidaire et plus équitable entre les peuples et les nations.
Connaître et faire connaître que le développement durable repose sur un trépieds où les engagements écologiques, sociaux et économiques doivent êtres conjoints. Qu'ils représentent un investissement utile et nécessaire mais non réductibles à l’une de ses parties.
Dès lors l’économie solidaire sera à la société ce que l’agriculture raisonnée est à l’écologie.
Côte d'Ivoire. Les femmes et les jeunes filles, victimes oubliées du conflit
SOMMAIRE
I. Des violences sexuelles généralisées
II. Toutes les parties au conflit responsables
Dans son rapport «Les femmes, victimes oubliées du conflit» publié le 15 mars 2007, Amnesty International dénonce les violences sexuelles perpétrées contre les femmes et jeunes filles ivoiriennes dans le cadre du conflit actuel qui a déchiré la Côte d’Ivoire depuis 2002.
Quelques jours avant la sortie du rapport d’AI, un Accord politique inter-ivoirien était signé, le 4 mars 2007, à Ouagadougou (Burkina Faso), sous les auspices du Président Burkinabé, Blaise Compaoré.
L’Accord a été signé par le Président de la République de Côte d’Ivoire - Laurent Gbagbo - et Guillaume Soro – ex Secrétaire général des Forces Nouvelles de la République de Côte d’Ivoire.
A la suite de cet accord destiné à sortir le pays de la crise, Guillaume Soro, a été nommé Premier Ministre en remplacement de Charles Konan Banny.
Enfin un nouveau gouvernement dit de «transition» a été officiellement nommé le 7 avril 2007. Depuis lors, la zone de confiance séparant le pays en deux est en cours de démantèlement. Les forces de maintien de la paix des Nations unies et les forces françaises qui étaient présentes dans cette zone commencent à être remplacées par des patrouilles mixtes composées de membres des forces de sécurité ivoiriennes et des forces nouvelles.
Or depuis le démantèlement de cette zone le 16 avril 2007, les attaques armées contre les populations ivoiriennes semblent s’être multipliées dans la partie ouest, autour de Bangolo (500 km à l'ouest d'Abidjan). Ainsi le 25 avril, l'organisation Médecins sans frontière (MSF), a dénoncé les « attaques quasi quotidiennes sur la population ». « Les attaques de mini bus, les vols, les meurtres et les viols ont atteints un niveau inquiétant » selon l’organisation qui a enregistré six cas de viols. « L’équipe de MSF (…) craint que les autres ne viennent tout simplement pas à l’hôpital ». Il semble que, pour une partie au moins, les viols soient commis par des bandits.
Dans le même temps, le président Laurent Gbagbo a promulgué par ordonnance, le 12 avril 2007, une loi d’amnistie qui couvre « les crimes et délits liés aux troubles qui ont secoué la Côte d’Ivoire depuis septembre 2000 ». Amnesty International émet de très vives inquiétudes à son égard même si elle ne s’oppose pas, par principe, aux lois d’amnistie. En effet, bien que, la loi ne le précise pas, il est important de rappeler que, conformément au droit international, les crimes de guerre ne peuvent faire l’objet d’amnistie. En conséquence, les viols commis par les parties au conflit ne sauraient faire l’objet de l’amnistie. Pour en savoir plus sur la loi d’amnistie.
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Des violences sexuelles généralisées
À la suite du soulèvement de septembre 2002 et de la division de facto du pays en deux, des centaines, si ce n’est des milliers de femmes et de jeunes filles ont été victimes de viols et d’agressions sexuelles perpétrées de manière généralisée et parfois même systématique, par toutes les parties au conflit ou par des civils proches de ces forces et de ces groupes.
De nombreuses femmes ont subi des viols collectifs ou ont été enlevées par des combattants qui les ont réduites à l’esclavage sexuel et les ont considérées et traitées comme un bien qu’ils possédaient.
Des femmes ont également été attaquées pour des raisons politiques et ethniques, notamment par les forces de sécurité gouvernementales et leurs partisans.
Les victimes de viol ont souvent été également frappées et torturées.
Certaines ont été violées en public, devant les membres de leurs familles, y compris des enfants.
D’autres ont été violées à côté du cadavre de membres de leur famille.
Ces violences ont parfois été commises par ailleurs sous la menace des armes.
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Toutes les parties au conflit responsables
Toutes les factions armées (forces de sécurité gouvernementales, éléments des groupes d’opposition armés et milices progouvernementales) ont commis et continuent de commettre des violences sexuelles en toute impunité.
La plupart des exactions les plus graves ont été commises dans l’ouest de la Côte d’Ivoire entre la fin de 2002 et le premier semestre de 2003.
Durant cette période, les femmes vivant dans l’ouest du pays ont été systématiquement attaquées par les milices progouvernementales et les groupes d’opposition armés qui tous ont eu recours à l’utilisation de mercenaires y compris des Libériens.
Le recours généralisé au viol et aux autres formes de violence sexuelle, notamment dans les mois qui ont suivi l’insurrection de septembre 2002, et le fait que ces actes aient été commis à une si grande échelle en toute impunité démontrent l’existence de stratégies adoptées par le gouvernement et les groupes d’opposition armés visant à utiliser le viol et les autres formes de violence sexuelle à l’encontre des femmes afin d’instiller la terreur à la population.
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En raison de l’effondrement du système judiciaire dans le nord et en l’absence de volonté politique dans la partie sud contrôlée par le gouvernement, les femmes victimes de toutes ces violences sexuelles n’ont pu obtenir ni justice ni réparation.
À cause de l’insécurité permanente, les femmes continuent de vivre dans la peur de nouvelles attaques ou de représailles si elles dénoncent leurs agresseurs.
Amnesty International émet des recommandations adressées aux autorités ivoiriennes ainsi qu’aux Forces Nouvelles qui contrôlent le nord de la Côte d’Ivoire, leur demandant de prévenir, punir et éradiquer les violences sexuelles commises par leurs forces et leurs partisans afin de mettre un terme à l’impunité.
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La plupart des femmes souffrent de blessures ou de maladies – parfois mortelles - causées par le viol.
Pourtant elles ne reçoivent pas les soins dont elles ont besoin.
Stigmatisée en raison du viol subi, certaines femmes ont été abandonnées par leur partenaire ou leur famille et sont condamnées à une extrême pauvreté alors qu’elles ont souvent des enfants à charge.
Amnesty International émet des recommandations adressées à toutes les parties ainsi qu’à la communauté internationale afin que les besoins urgents des victimes de viols soient entendus, notamment en ce qui concerne l’accès à des soins appropriés.
Si un programme planifié et global n’est pas mis en œuvre afin de répondre aux multiples besoins de ces femmes, des centaines, voire des milliers de victimes de violences sexuelles vont continuer à souffrir et mourir tandis que beaucoup d’autres femmes risquent d’être victimes de ces violences.
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« L’un d’entre eux m’appuyait sur la gorge pour m’empêcher de crier, pendant qu’un étudiant me violait. » Elisabeth, étudiante à l’université de Cocody violée par des membres de Fédération des étudiants et scolaires de Côte d’Ivoire (FESCI) en juin 2005.
«Le 23 juin 2005, je distribuais des tracts à l’université de Cocody à Abidjan pour commémorer l’anniversaire de la mort de Habib Dodo, un étudiant assassiné sur le campus de l’université.
Puis, je suis allée attendre l’autobus pour rentrer chez moi.
J’étais assise sur une brique devant l’arrêt du 85 quand j’ai été approchée par deux étudiants, membres de la Fédération des étudiants et scolaires de Côte d’Ivoire (FESCI).
Ils se sont présentés comme des membres de la FESCI, section Faculté des arts et des sciences techniques (FAST).
Deux autres étudiants me surveillaient de loin, une camarade d’amphi était avec moi. Les deux étudiants m’ont demandé de les suivre car le général (terme désignant le responsable de la FESCI sur le campus universitaire) souhaitait m’auditionner.
J’ai refusé. Ils m’ont répondu que je le ferais de gré ou de force. Je me suis sentie donc obligée de les suivre. Trois étudiants m’attendaient, ils ont appelé le général qui a demandé qu’on me conduise au siège vers les palmiers.
Une escorte d’au moins dix étudiants m’accompagnait.
Ils m’ont posé des questions sur l’Association générale des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (AGEECI).
J’ai refusé de répondre à leurs questions.
Ils m’ont ensuite accusée de jouer avec le feu et m’ont dit qu’au lieu de distribuer des tracts j’aurais dû rester dans mon rôle de femme au foyer et chercher un mari.
Ils ont déclaré que j’étais fichée et qu’ils avaient déjà mené des enquêtes sur moi et ils savaient où j’habitais.
Ils ont dit qu’ils avaient le moyen de me faire parler.
Ils ont ensuite donné l’ordre de m’enfermer dans une salle, ils m’ont giflée et m’ont battue.
L’un d’eux a dit que le travail allait être propre.
Six garçons se trouvaient dans une salle et ils ont invité ceux qui ne pouvaient pas à quitter la salle.
Deux étudiants sont partis et quatre sont restés.
Dans la salle, il y avait des taches de sang sur le sol et ils ont déclaré que c’était le sang d’un de leurs camarades et qu’ils étaient formés pour tuer. L’un d’entre eux m’a fauchée et je suis tombée.
J’essayais de me débattre et en luttant avec moi, les lunettes d’un étudiant sont tombées et les verres se sont cassés. Il était furieux.
Ils m’ont mise une bâche sur le visage.
L’un d’entre eux m’appuyait sur la gorge pour m’empêcher de crier, pendant qu’un étudiant me violait. Les autres me tenaient par les pieds et les mains et me tripotaient.
Bien que mon visage était couvert, je comprenais que les étudiants entraient et sortaient.
Au bout d’un moment, leur chef a demandé d’arrêter et ils m’ont dit de partir.
J’ai compris plus tard qu’une amie qui m’avait vue avait été prévenir l’ONUCI qui a donné l’alerte.
Ils m’ont accompagnée jusqu’à l’arrêt d’autobus, je voulais prendre un « bacca » [petit véhicule de 12 places] mais les deux accompagnateurs ont déclaré que le général avait exigé que je prenne l’autobus.
Je ne suis pas rentrée chez moi car durant mon interrogatoire, ils avaient dit qu’ils connaissaient tout sur moi et qu’ils savaient où j’habitais.
Je suis donc allée chez une amie. »
Il est grand temps que toutes les parties et les acteurs internationaux ouvrent leurs yeux et prennent des mesures efficaces afin de respecter et protéger les droits de ces victimes oubliées.